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2009/01/25

Un beau titre idoine sorti tout droit de la crypte radio-canadienne :

Trouble affectif saisonnier
Ce mal que répand la froideur

2008/12/22

D'un océan à l'autre

Ce Noël sera la premier Noël blanc à la grandeur du Canada depuis 1971. C'est ici que c'est écrit.

2008/09/16

Hier j'apercevais le V des outardes dans le ciel. Aujourd'hui, on annonce que les glaces de l'Arctique ont atteint leur minimum estival il y a quatre jours et amorcent leur croissance hivernale. Le gel est commencé. L'hiver est à nos portes.
The US National Snow and Ice Data Center (NSIDC) says the ice covered 4.52 million sq km (1.74 million sq miles) at its low on 12 September. - BBC

2008/05/26

Se donner de l'importance en prenant un cappucino glacé à la barbe des autres est plutôt pathétique.
À vaincre sans péril on triomphe sans gloire.

2008/05/07

París és grisa, nano, i és freda i a mi la Diana em va acostumar a prendre el sol.
- Bojra Bagunyà, Defensa Pròpia

2008/05/02

Se faire violer au Pôle Sud

La tragique histoire du pingouin violé par une otarie.

De Bruyn and a colleague were on Trypot beach at Marion Island to study elephant seals when they noticed a young, adult male Antarctic fur seal, in good condition, attempting to copulate with an adult king penguin of unknown sex.
- BBC

2008/03/26

Durant le weekend pascal, je me baladais en forêt dans la Goussemobile, sur un chemin aussi sinueux que glacé. Je négociais les courbes avec prudence, retenais mon souffle à chaque pente et la Catalogne, assise à mes côtés, gardait le silence. Le chemin était d'un blanc immaculé et lisse, aucun grain de sable ne venait le salir, aucun grain de sel ne le rendait plus rugueux. C'était une véritable patinoire bordée d'immenses bancs de neige.

Tendu jusqu'aux omoplates, je jurais contre la municipalité qui, de toute évidence, se foutait pas mal de cette voie étroite. Et pourtant, cette route est mal dessinée, inutilement et dangeureusement sinueuse, et surtout très étroite. On imagine facilement une collision suprise dans un détour ou au sommet d'une pente. Laisser s'accumuler la glace à ce passage de la mort relève selon moi de la négligence criminelle. Comment peut-on jouer ainsi avec la sécurité des résidents de l'endroit, me demandais-je?

Et soudain j'ai compris: il y a des routes si peu fréquentées que la sécurité est garantie par cette faible probabilité de rencontrer quelqu'un. L'ingénieur peut alors s'amuser à tracer des parcours qui suivent les caprices du terrain, des parcours brave-la-mort où les grosses machines qui sablent nos routes ne pourront jamais s'aventurer.

2008/03/09

Une journée incroyable

À tous les dix pas, en nous rendant au marché Jean Talon, la Catalogne et moi disions: "Incroyable" et nous prenions des photos du champ de bataille que la tempête a laissé. Vraiment, ce blizzard hors du commun m'a réconcilié avec l'hiver.

Je rêve depuis longtemps d'une neige si abondante qu'elle m'empêche de sortir. Eh bien, mon rêve s'est presque réalisé ce matin. La porte d'un balcon arrière étant exposée au vent qui souffle de partout pour imposer sa neige, elle se retrouve, au lendemain du blizzard, bloquée par une généreuse congère. Je pourrais passer par l'ouverture que j'ai réussi à dégager en forçant un peu, mais peu s'en fallait pour que je sois bloqué.

Bloqué... porte arrière... forcer un peu... j'ai l'impression de parler de constipation.

2008/01/22

Al Quebec, hi fa fred

Ce week-end à Québec, le Catalan qui n'avait jamais traversé l'Atlantique n'en revenait pas du froid qu'il faisait. Il en sacrait de plaisir: "Ostie fa fred!" disait-il dans sa langue. Et tout le monde le comprenait.

Pour ma part, je n'étais évidemment pas surpris de ce rude climat. L'hiver passé, devant la statue de René Lévesque, la Catalogne s'est soudain écriée: "Gousse! Mes mains! Mes mains!" Ses mains gelaient. Nous avons dû courir jusqu'à l'hôtel, sinon c'était l'amputation. Bref, il fait froid, à Québec. C'est à cause du vent qui souffle du Saint-Laurent sur une ville qui, construite sur une pente, s'expose de manière indécente. C'est un froid structurel.

Pourtant ce week-end, dans les boutiques, les vendeuses se sont toutes mises d'accord pour dire que ce froid était exceptionnel. Je ne sais pas ce qui leur a pris de dire ça. J'ignore ce qu'elles avaient dans la tête, ces vendeuses. Ça fait 400 ans qu'il fait frette à Québec. Dimanche, il faisait -15 autour des thermomètres. Et les vendeuses mentaient: On n'a jamais vu ça!

Puissent-elles brûler.

2008/01/08

Le mot de la semaine: redoux

Rien ne semble plus terrifiant que le retour de cette grosse douceur. Hier, à l'ouverture du téléjournal de 22h, à Radio-Canada, Bernard Derome était debout. Derrière lui dans le décors, un seul mot: Redoux.

C'est sérieux, mesdames et messieurs, car il y a du brouillard et qu'on ne sait jamais ce qui s'y cache, dans le brouillard. D'ailleurs les avions sont restés cloués au sol et ça, on sait que ça excite les journalistes. Dans leur logique, un avion est fait pour voler, donc quand il ne vole pas, c'est de la nouvelle.

Le redoux, donc. Pas un dégel. Un re-doux. De la neige qui fond. Oh, il y a bien les rivières qui menacent de déborder, mais pas une ne l'a encore fait, que je sache.

Moi, je ne sais pas, mais ça fait huit ans que je vis à Montréal, et ça fait huit ans qu'il y a un redoux en janvier. J'ai jamais vu personne capoter pour ça. Que s'est-il passé pour qu'on en parle? Ou plutôt: que ne s'est-il pas passé? C'est le genre de question que se posait la Catalogne, hier, en voyant ce battage médiatique. "Gousse, il ne se passe rien dans votre pays", a-t-elle fini par dire. Devant les faits, je dois avouer que je suis d'accord avec elle.

Enfin, j'y vois autre chose, aussi. C'est que, peu importe le temps qu'il fait, nous avons l'idée qu'il devrait faire plus froid. Nous rêvons d'un monde plus froid. C'est notre utopie à nous, humains du XXIe siècle.

2007/12/30

Mais tout à coup, après des nuits sereines, le déluge commença. [...] Les murs étaient si minces, que la chaux dont nos chambres étaient crépies se gonflait comme une éponge. Jamais, pour mon compte, je n'ai tant souffert du froid, quoiqu'il ne fît pas très froid en réalité: mais pour nous, qui sommes habitués à nous chauffer en hiver, cette maison sans cheminée était sur nos épaules comme un manteau de glace, et je me sentais paralysé.
- George Sand, Un hiver à Majorque

Jusque-là nous avions eu un temps adorable; les citronniers et les myrtes étaient encore en fleurs, et, dans les premiers jours de décembre, je restai en plein air sur une terrasse jusqu'à cinq heures du matin, livré au bien-être d'une température délicieuse. On peut s'en rapporter à moi, car je ne connais personne au monde qui soit plus frileux, et l'enthousiasme de la belle nature n'est pas capable de me rendre insensible au moindre froid.
- George Sand, Un hiver à Majorque

2007/12/29

En allant vers Chibougamau

Après onze heures de route, l'autobus s'est arrêté au beau milieu de la taïga. Dehors il faisait nuit noire et les phares éclairaient une route glacée. Trop glacée pour ne pas faire attention. Et il pleuvait, en plus. Nous avons fait les 200 kilomètres restants à 30 km/h.

2007/12/18

Faits d'hiver

Les lendemains de blizzards sont rapidement ternis par les coulisses de pipi de chien sur le manteau blanc de l'hiver. Il y en avait à tous les trois mètres, ce matin, des deux côtés du trottoir.

À quand un règlement municipal ? Après tout, quand il gèle, l'urine est aussi facile à ramasser qu'une crotte.

2007/12/17

Je rêve d'une tempête de neige si grande que les fenêtres des maisons s'en trouvent obstruées. Je rêve d'un lendemain de tempête où il faut non pas se taper une trail dans la neige, mais se creuser un chemin à la pelle.

2007/11/29

Les cheveux blancs du sommeil

Un jour où j’avais particulièrement besoin de changer d’air, je me suis précipité chez la coiffeuse. N’allez pas croire que c’est le genre de folie que je fais souvent. Ça n’est arrivé qu’une fois, et c’était cette fois-là.

J’étais donc chez la coiffeuse et je prenais malin plaisir à regarder les ciseaux couper avec tant d’aisance des pans entiers de ma chevelure (déjà courte, à l’époque). C’était comme passer un linge humide sur une surface très sale et de voir que ça part tout seul et d’en jouir, ou encore de sourire en passant l’aspirateur dans un tas de poussière et de voir encore une fois que c’est facile, efficace, et d’en jouir. Oui, j’étais comme ça devant mes cheveux qui raccourcissaient à vue d’œil. C’était facile, ça se faisait tout seul. Et au pied de la chaise s’amoncelait des retailles qu’il serait si facile de balayer qu’on ne pouvait que sourire en y pensant. J’allais partager toutes ces merveilleuses pensées avec la coiffeuse et lui dire à quel point cela sauvait une journée jusque là ennuyante et pénible, lorsqu’elle s’est exclamée : « Ah? Il y a un cheveu gris! »

Mon premier cheveu gris. Le premier signe de ma longue décrépitude jusqu’à la mort. La preuve, s’il en fallait une, que j’allais mourir. J'étais là pour me changer les idées et c'était le moment que choisissait la fatalité pour venir me hanter. En rentrant chez moi, j'ai cherché longtemps le maudit cheveux à travers le miroir. Puis je suis allé me coucher, pour mettre un terme à cette sale journée.

C’était il y a deux ou trois ans. Depuis, je n’ai jamais revu ce cheveux gris, mais un poil blanc est venu troubler ma barbe. Ce poil m’amuse. Je l’arrache en espérant qu’il ne revienne plus jamais. Et il revient chaque fois, le vlimeux. Je prends la pince, et je l’arrache encore. Au moins, ça se contrôle. Ce n'est pas comme mon sommeil. Ça, depuis un mois, c'est foutu. À quatre heures chaque nuit je me réveille - attention, je ne suis pas tiré de mon sommeil, je me réveille, littéralement. Alors je me dis que j'ai le sommeil d'un petit vieux, que je vieillis, que le reste de mes nuits sera comme ça. Et que je ne vivrai pas vieux, ah ça non! Je ne veux pas dormir comme ça pendant cinquante ans

Bref, on pense souvent que la vieillesse, c'est le corps qui fout le camp, mais c'est faux. C'est le sommeil qui s'en va. La vieillesse, c'est un long épuisement qui vient à force de passer mauvaises nuits. La vieillesse, c'est d'abord le sommeil qui prend des rides. Les premiers vrais cheveux blancs sont des minutes de nuit blanche.

2007/11/23

Alors que la Catalogne est en Espagne, l'hiver l'installe à Montréal.

2007/11/07

La dictée de la honte

Ici un lien vers des spécimens choisis d'une dictée faite à des élèves de première secondaire. Bien sûr, on a choisi parmi les cas les plus scandaleux, où les fautes sont abondantes et franchement humiliantes. Mais ce qui me frappe encore plus dans ces dictées, c'est que dans plusieurs cas, il manque carrément des mots, voire des suites de mots ! On dirait que ces élèves ont pris une pause, puis ont repris là où le prof était rendu, sans ce soucier du sens de ce qu'ils écrivaient, comme s'ils ne s'agissait que d'un ensemble diffus de lettres et de syllabes. Ils font quoi, ces élèves ? Ils ont des black outs ? Ils tombent dans la lune ?
J'ai froid, j'ai très très froid.

2007/11/05

Manger le nez dans son assiette

Ce weekend nous recevions des amis à souper. C'est l'un des invités qui préparait le repas, une soupe catalane au nom compliqué. Mais notre invité avait ajouté un ingrédient inattendu, en disant: "Tout est bon dans le cochon!"

Une narine, aperçue en remuant la soupe, ne laissa planer aucun doute quant à cet ingrédient mystère...