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2008/11/10

Voyager en novembre

Des fleurs dans les prés, des manches courtes au soleil, Barcelone sans touristes.  Voilà un aperçu de mon weekend en Espagne.  J'avais l'impression d'être en mai.  Novembre en Catalogne a des allures de printemps. Novembre est vert, là-bas, alors qu'ici il est gris. 

Barcelone... bon sang... que dire. C'était ma troisième fois là-bas, seulement quelques heures, mais je n'ai jamais autant aimé cette ville qu'à ce moment-là, sans les touristes. Les Ramblas aux Catalans. Merveilleux, merveilleux, merveilleux. Je veux dire, vraiment merveilleux. Cet émerveillement dont tout le monde parle en revenant de cette ville, je l'ai eu samedi. 

Je recommande à tout le monde au Québec de faire cette folie, partir quatre petits jours en Europe et revenir. Ça brise encore plus la routine qu'une fin de semaine au chalet dans les Laurentides. 

2008/09/30

Entendu à Québec en fin de semaine : Le Québec se porterait tellement mieux si tout le monde y était bilingue.

2008/09/08

Sorel my love

Sorel a ses îles, qui s'inondent au printemps et pètent au frette en hiver. Certaines de ces îles sont si rapprochées que les arbres de chaque côté se rejoignent pour faire, en été, une voûte de verdure. En automne, je ne sais pas, j'imagine que les chenaux étroits se couvrent d'un tapis multicolore à mesure que les branches se dégarnissent. Si vous ne saviez pas que Sorel a ses îles, vous devriez peut-être y aller faire un tour, mais juste peut-être, pas plus, ou lire Le Survenant, mais ça c'est plus impératif, rapport qu'à l'université on nous parlait de mythe fondateur et que dans un cours sur le téléroman, les madames assises en avant soupiraient de chaleur chaque fois qu'on évoquait le personnage. Lire Le Survenant, donc, par acquis de conscience plus que par plaisir, peut-être, puis aller voir là-bas si c'est vraiment aussi beau qu'on le dit. Une réserve de la biosphère, quand même, a le devoir de charmer l'oeil, se dit-on.

Les Européens pensent à bien des choses quand ils viennent visiter le Québec, Montréal, Québec, Tadoussac, la Gaspésie, mais pas à Sorel. On évoque le nom et les voilà qui parlent de Le rouge et le noir, puis on glousse tous ensembles en évoquant les chaleurs de madame de Rénal lorsqu'elle se fait tâter la main par le fougueux Julien. Il y a Kamouraska, aussi. Kamouraquoi? Kamour, juste Kamour pour les intimes, le plus beau village, celui que je rêve de visiter, enfin l'histoire du roman du même nom se situe autant là-bas qu'à Sorel. Y tâte-t-on des mains avec chaleur ? Seulement celles des mourants, un fiévreux qu'on veut voir crever. Enfin, passons. Le téléphone sonne. C'est ma mère et quatre billets pour une croisière dans les îles. Les îles de Sorel, s'entend, pas les Caraïbes. Une heure et demi de bateau au pays du Survenant. Justement j'ai deux Espagnols ici qui n'auraient jamais espéré y aller. Avec la Catalogne et moi, ça fait quatre. Le compte est bon, partons.

- Z'avez jamais pensé aller à Sorel, vous autres, hein?
- Où ?
- C'est pas toi qui lis Le rouge et le noir ?
- Oui.
- On s'en va à Sorel, comme dans Julien Sorel.
- Oh oh oh!

Et la Gousse-mobile file à travers les champs de maïs de l'autoroute 30, fenêtres grandes ouvertes. "C'est ça que vous mangiez hier, avec du beurre." L'un d'eux en a encore mal au coeur, mais ça lui rappelle son Asturie natale, là où on jette les épis au bétail, pas aux touristes. Puis on arrive en ville, les noms de rue prennent des allures littéraires : rue Geneviève Guèvremont, du Survenant, du Chenal du Moine. Ça me rappelle la rue Stendhal, où j'ai resté quand j'étais à Paris, mes quatre jours de pluie là-bas. Tiens, Stendhal... je n'y avais pas pensé... Sorel, Stendhal, Le rouge et le noir... on y revient toujours.

Enfin bref, nous montons à bord du bateau. Pour bien comprendre l'ambiance à bord, il faut d'abord regarder Cruising Bar, première cuvée. C'est long, je sais, mais à peine plus qu'un tour en bateau. Vous avez vu le film ? Bon. Pensez au gros Roger, à la soirée dansante où il drague, au chacha, etc. Bingo. C'est ce genre-là de kitsch. La seule différence est que nous sommes le jour et que ce n'est pas un truc de célibataires. Personne ne drague et c'est bien tant mieux, mais ça donne un air raté à l'ensemble. Le bateau prend le large (pas l'eau, le large), un membre de l'équipage a sa guitare et un micro. Le voici qui chante Partons la mer est belle... On a le goût de partir, mais on ne peut pas, on est prisonnier. "C'est du folklore", que j'ai dit pour tempérer les élans.

Puis la magie des îles opère. D'abord la première île, bordée d'une rangée de chalets sur pilotis, de quais brinquebalants qui flottent sur les eaux boueuses, les hors-bords ancrés, on se croirait dans un bayou en Louisiane, les crocodiles en moins, la joie des vacances en prime : des gens se font bronzer, quatre fillettes pratiquent leur chorégraphie de ballet-jazz sans nous prêter attention, une femme qui passe la tondeuse nous fait des tatas pendant que notre musicien de fortune entonne Tous les palmiers tous les bananiers, de Beau Dommage, puis Ça fait rire les oiseaux de la Compagnie créole. Créole, oui, quel beau mot bien placé. Tout le monde nous faisait des tatas, les gros qui sirotent leur bière assis dans leur chaise sur la galerie, ceux qui sirotent leur bière dans leur chaloupe en pêchant, la fille en sea-doo, son chum, les enfants en pédalo, les amoureux dans leur voilier, tous. Délire total. Il doit y avoir quelque chose dans cette eau-là.

Le bateau poursuit sa route, passe cette île hallucinante, débouche sur le majestueux lac Saint-Pierre, vire à tribord et s'engage dans quelques chenaux étroits et inhabités. Les marécages se succèdent, les arbres, la lande, les grands hérons qui pêchent les poissons. C'est joli et apaisant. Puis on regagne le chenal du Moine, mais à l'autre bout complètement, en face de chez Didace Beauchemin, la légendaire maison. On passe devant la maison où Geneviève Guèvremont a écrit son roman, maison dotée d'une rallonge où on a tourné le film inspiré du roman. Le chenal s'étire, la croisière s'éternise, malgré ses moments forts, le chansonnier a tout chanté, non, il lui reste une chanson : Ginette, que tout le monde connaît et qu'on chante avec plaisir : "Je sais d'ailleurs où elle est rendue, mon chum l'a vue, elle dans tout nue dans un motel dans le bout de Sorel." Bang. Encore Sorel. Ça n'arrête pas. Et ça ne s'invente pas. Au fond, Sorel, c'est comme Le rouge et le noir. On y revient toujours.

2008/07/07

Sur l'autoroute des plages

La Presse annonçait avec fierté les dix meilleures plages autour de Montréal. À voir où ça nous a mené dimanche, mes amis et moi, je suis en droit de me questionner tant sur la pertinence de ces listes que sur la qualité des plages environnantes, quoique, quand un cas comme dans l’autre, la Presse ne s’en sort pas : ou bien elle publie n’importe quoi, ou bien elle publie n’importe quoi (bis).

Nous étions donc sur le chemin d’Oka à bord de la Gousse-mobile, rutilante sous le soleil de juillet, pour une autre mémorable escapade jusqu’à Sainte-Marthe-du-Lac, où nous attendait, aux dires de la Presse, le calme et l’anonymat d’un lac artificiel. « Cette ancienne sablière a été aménagée en plage par un groupe de citoyens, qui se gardent bien d’ébruiter le secret. - La Presse » Secret mes fesses. La 43e avenue et toutes les avenues avoisinantes étaient bordées d’autos de plaisanciers qui eux-mêmes faisaient la queue pour payer leur droit d’accès à cette grosse pataugeoire. Le Gaspésien que nous avions à bord a refusé de descendre de l’auto, nostalgique des endroits déserts dont regorge sa région natale et moi-même, nostalgique des plages blanches de Menorque, j'ai refusé de garer le véhicule. Il nous restait toujours Oka, malgré ses indécents hors-bords. « Cap à l’ouest ! » nous sommes-nous exclamés.

Nous ignorions que Pointe-Calumet et son fameux Beach Club se trouvaient sur notre route : « Pas le temps ou les moyens de vous payer une semaine à Punta Cana? L’espace d’une journée, vous pourrez retrouver l’ambiance et les activités propres aux complexes hôteliers des Caraïbes… à 40 minutes du centre-ville de Montréal. » Le stationnement situé à l’ombre des glissades d’eau était rempli non seulement d’autos, mais aussi et surtout de post-adolescents qui calaient leurs bières avant de franchir les tourniquets, de l’autre côté desquels une immense cannette de Bud light gonflable leur promettait de leur faire payer cher chaque consommation. La musique tonitruante, les corps d’athlètes et les huttes de paille achevèrent de nous convaincre qu’il s’agissait du party perpétuel des annonces de bière et des radios commerciales. 12 piasses chaque pour ça ? No fucking way. Il a donc fallu remonter la file auto-bronzante et multi-cellulaire, passer le long des terrains de volleyball exhibito-abdos, tourner le dos à la calice de musique, repasser entre les auto-épilés, nous méfier des ados qui se saoûlaient et se réchauffaient, pour remonter dans la Gousse-mobile où nous attendait une bonne bouffée de chaleur.

Oui, ils étaient beaux, tous ces éphèbes et ces jouvencelles, on peut rêver d’eux pour une nuit, ou dix fougueuses minutes sur la banquette arrière, j’avoue que ça me titillait, mais il y avait aussi quelque chose de triste à les voir s’exciter dans cette pastiche caraïbéenne, dans ce faire-semblant-que-le-party-continue. Il me semble qu’à leur place, je profiterais de ma beauté pour m’ouvrir d’autres portes que des portes de char, mais bon, traitez-moi de pute si ça vous amuse, je vous réponds qu’on peut toujours rêver. À la radio, alors que nous quittions ce lieu sordide et si terrifiant pour l’avenir du monde, une fille téléphonait à l’animateur : « Ouin... c’est juste pour dire qu’on est dix filles super hots au coin de telle rue et telle rue, pis on lave des autos toute la journée... » Assez!

Prochaine étape, Oka, la mythique plage : « D’une capacité de 10 000 personnes, la plage est située tout près du camping du parc. On peut y louer toutes sortes d’embarcations et des vélos, ce qui est idéal puisque la Route verte traverse le parc. » Comme d’habitude, une auto dudit parc barrait l’accès et nous renvoyait chez nous, les 10 000 personnes étant déjà arrivées. Sur l’accotement recommençait l’inlassable galerie des torses bien découpés, des bikinis tout petits et de l’alcool sur le capot de l’auto en attendant que des places se libèrent. Il ne sera pas dit que l’attente aura mis un terme au party qui, comme le show, must go on.

Avec tous ces détours il était déjà 15h00, l’heure que les Majorquains appellent l’heure basse, sage appellation qui nous rappelait avec beaucoup de justesse qu’il fallait se dépêcher, ravaler notre morve de pleurnichards, prendre une bonne respiration et retourner au trou de bouette de Sainte-Marthe-du-Lac, notre premier amour. Là-bas, le sable avait beau nous brûler les pieds, il était facile de les oublier en les plongeant dans l’eau, non pas tant à cause de sa fraîcheur que de son opacité. Le Gaspésien a eu l’idée folle d’y échapper ses lunettes de soleil et croyait bien ne jamais les revoir, jusqu’à ce que Simon les retrouve en tâtant aveuglément du pied. Imaginez maintenant qu’un enfant s’y noie, ce n’est pas pour rien que les bouées nous empêchaient d’aller au-delà de 1,6m de profondeur... J’étais bien loin des eaux cristallines de la Méditerranée où la nudité de tous était visible à des kilomètres. C’était huit jours plus tôt, mon dieu.

Enfin, malgré tout, l’endroit n’avait ni l’indécence sexuelle du Beach Club, ni celle, hors-borisée, de la plage d’Oka. Nous y avons passé deux jolies heures plutôt paisibles malgré la mère de Zacharie qui, de son parasol, ne pouvait supporter de voir vivre son enfant de 18 mois. Le pauvre ne faisait rien, ne disait rien, parfois il se levait : « Zacharie, fait attention, tu vas tomber! » parfois il s’assoyait : « Zacharie, tu vas te salir! Zacharie, fais pas ci, Zacharie, fais pas ça! » Pauvre Zacharie. Un jour, il voudra se libérer de sa mère en roulant jusqu’au Beach Club.

2008/05/21

Grosse qui outre et lui qui passe outre

Je vais vous raconter une histoire. C'était dans un Tim Horton's du Québec profond où j'avais décidé d'arrêter pour me prendre un café. Il me restait encore beaucoup de route à faire et j'avais besoin d'un peu de chaleur dans la Gousse-mobile.

Je faisais la queue, comme tout le monde. Elle n'était pas très longue, mais elle n'avançait pas vite. À un moment donné une grosse femme est entrée. Elle devait avoir dans le début de la vingtaine, très grosse et d'apparence à la fois soignée et sensuelle, le genre de grosse qui n'a pas honte de sa taille, tout au contraire, elle considérait ses courbes comme un atout. Une grosse femme fatale, quoi, un immense assemblage d'attraction et de rétention qui va dans la vie en revendicant tout. Tout lui revient et pour cette raison elle refuse tout effort et ne travaille pas, préférant se laisser entretenir soit par un homme, soit par la famille, soit par l'État. Souvent par une combinaison des trois.

À moi, que la nature a rendu pratiquement insensible aux appâts féminins, ce genre de femmes, qui croient que rien ne leur résiste et qu'elles peuvent prendre tout ce qu'elles veulent, m'inspire d'autant méfiance que leur grosseur signifie qu'elles veulent beaucoup, beaucoup plus que le commun des mortels. Elles veulent à outrance, ces femmes outrancières. Bref, cette femme est entrée et je me suis senti outré. Elle m'outrait.

Elle était accompagnée d'un homme plus âgé et gros, tout de même, quoique moins imposant. La longueur de ses cheveux blancs suggérait qu'il considérait les salons de coiffure comme une dépense inutile. Il portait sa chemise à carreaux dans ses pantalons, lesquels étaient maintenus bien en haut de sa taille, autour de son ventre, par une ceinture qu'il serrait, on imagine, autant que les cordons de sa bourse. Les deux faisaient une drôle de paire, elle si éclatante et boulimique, lui si fade et radin. Mais les traits de leur visage (et peut-être aussi l'ampleur de leurs panses) suggéraient un lien de parenté.

En entrant, la grosse a pris tout de suite des airs familiers. Elle connaissait les employés au point de s'aventurer dans la cuisine pour jaser. L'homme, lui, attendait près de la porte jusqu'à ce que, profitant d'une caisse libérée, il s'approche pour commander un cappucino glacé au nez de tous les pauvres clients (dont moi-même) qui attendaient. Un héros, qui me précédait dans la file, l'a alors interpelé pour lui rappeler que la queue commençait là-bas et qu'il passait devant tout le monde. Le sale porc se retourne, lui lance un regard méprisant et hausse les épaules: "C'est pas plus grave que ça." Le héros lui parle ensuite de savoir-vivre mais n'obtient aucune réaction, sinon d'un autre client (un autre héros) qui, depuis la caisse où il est déjà rendu, reproche haut et fort l'effronterie de l'effronté. Le sale porc, de plus en plus agacé, lance un truc que je n'ai pas compris dans le détail à cause de bruit, mais qui, assez clairement, se résume à ce que les files d'attente étaient pour les imbéciles et les niais. Puis il va s'asseoir savourer cette boisson froide que Karla Homolka rêvait de déguster à sa sortie de prison. Et pendant qu'il s'éloigne, le premier héros lui fait remarquer qu'avec une pareille attitude, il ne devait pas avoir beaucoup d'amis.

L'instant d'après, je commandais mon petit café noir et infect et je retournais dans la Gousse-mobile en me disant que ce sale porc ferait mieux d'être plus poli avec ces "niais" qui attendent, car sans leur docilité, cet homme, pour avoir son cappucino, devrait se battre avec eux.

2008/01/23

Un espresso, mais sans le café

La vue sur Québec à partir du restaurant du Concorde est pour le moins époustouflante. L'addition aussi.

Pendant que je regardais le fleuve, le serveur est venu nous offrir du café. N'ayant pas touché à une seule goutte depuis plus d'un mois, j'ai demandé la permission à la Catalogne de déroger à mes voeux d'abstinence caféière. Permission accordée. Le café fut versé dans ma tasse. La Catalogne, elle, refusa l'offre. Mais le Catalan qui n'avait jamais traversé l'Atlantique, celui qui aime tant les voitures et qui sacre de plaisir contre le froid, lui, en voudrait-il ? Puisqu'il était aux toilettes, j'ai dit oui à sa place. "Je doute qu'il le boive", m'a dit la Catalogne. "Moi aussi", ai-je répondu.

Quand le Catalan est revenu des latrines, nous lui avons montré sa tasse fumante. Il y a versé un peu de crème, ajouté quelques sucres, brassé calmement avec la cuillère avant de porter le café à ses lèvres. Puis, il a déposé la tasse sur la table et n'y a plus touché du repas. "Tu ne bois pas ton café, Catalan?
- Non, je n'aime pas le café américain.
- Je m'en doutais."
Ces Européens ne boivent que des espressos.

Après le brunch, nous sommes redescendus dans la rue glaciale. Le Catalan sacrait contre l'hiver. Nous avons marché jusqu'au musée du chocolat, sur la rue Saint-Jean. Un autre Catalan est venu nous y rejoindre. Dans ce musée, on fait un incroyable espresso de chocolat. Comprenez-moi bien: je dis espresso DE chocolat car il n'y a que du chocolat dans cet espresso. Pas de café. 100% chocolat. Et du bon, du très bon chocolat.

Nous nous sommes assis devant un comptoir et les trois Catalans se sont mis à parler dans leur langue d'un projet de développement absolument scandaleux près de Valence. Après deux heures, je ne pouvais plus suivre. Mon attention s'en allait doucement. Il n'y avait plus que moi et mon espresso qui, à chaque gorgée, me procurait une certaine jouissance, pour ne pas dire une jouissance certaine.

Au bout de quatre heures nous sommes partis du petit musée. J'ai demandé au Catalan qui n'avait jamais traversé l'Atlantique, qui aimait tant les voitures, qui sacrait contre le froid et qui n'aimait pas le café américain s'il avait aimé son espresso. "Riquissim", qu'il m'a dit.

Je suis bien d'accord avec lui. À 1,95$ c'est pas mal moins époustouflant que de manger au Concorde, mais je ne crois pas qu'il y ait, dans tout l'univers, quelque chose d'aussi délicieux que cette petite boisson de la rue Saint-Jean.

2008/01/22

Al Quebec, hi fa fred

Ce week-end à Québec, le Catalan qui n'avait jamais traversé l'Atlantique n'en revenait pas du froid qu'il faisait. Il en sacrait de plaisir: "Ostie fa fred!" disait-il dans sa langue. Et tout le monde le comprenait.

Pour ma part, je n'étais évidemment pas surpris de ce rude climat. L'hiver passé, devant la statue de René Lévesque, la Catalogne s'est soudain écriée: "Gousse! Mes mains! Mes mains!" Ses mains gelaient. Nous avons dû courir jusqu'à l'hôtel, sinon c'était l'amputation. Bref, il fait froid, à Québec. C'est à cause du vent qui souffle du Saint-Laurent sur une ville qui, construite sur une pente, s'expose de manière indécente. C'est un froid structurel.

Pourtant ce week-end, dans les boutiques, les vendeuses se sont toutes mises d'accord pour dire que ce froid était exceptionnel. Je ne sais pas ce qui leur a pris de dire ça. J'ignore ce qu'elles avaient dans la tête, ces vendeuses. Ça fait 400 ans qu'il fait frette à Québec. Dimanche, il faisait -15 autour des thermomètres. Et les vendeuses mentaient: On n'a jamais vu ça!

Puissent-elles brûler.

2008/01/21

Ce week-end, je me suis retrouvé à Québec avec un Catalan qui venait de traverser l'Atlantique pour la toute première fois. Grand amateur de voiture, cet homme s'extasiait devant les véhicules que nous croisions. "Je n'ai jamais vu celle-là que sur internet", m'avouait-il dans sa langue. Et moi, pendant ce temps, je me pâmais sur les façades des édifices. Depuis mon voyage en Europe, cet été, Québec me fait chavirer.

2007/11/14

Il y avait un chevreuil sur le bord de la route. C'était un jeune animal imprudent qui s'exposait au danger pour croquer un bout de branche. J'ai continué mon chemin, à bord de ma Goussemobile.

Souvenirs de chasse

- Deux chevreuils
- Un aigle
- Une meute de loups
- Des perdrix
- Des mulots
- Un pic bois
- Une comète

Mais aucune souris verte.

2007/10/23

Au Vermont

Le Vermont n'est pas si vert en automne.Comment un état au nom français, à la capitale au nom français et bordé d'un lac portant le nom d'un explorateur français peut être considéré comme faisant partie du berceau de la civilisation anglo-saxonne en Amérique ? C'est la question que je me posais à mon retour de ma dernière escapade au Vermont, où un nombre suspect de livres sur la Nouvelle-Angletterre dans une librairie de Montpellier me fit douter de mes convictions. Pb, qui m'accompagnait et qui affirmait avoir lu toute l'histoire de cet état, était incapable de me fournir quelque explication.

C'est Samuel de Champlain, le 30 juillet 1609, qui baptisa le lieu "les verts monts". Inutile de dire qu'il baptisa aussi le lac Champlain par la même occasion, mais ce n'est que 57 ans plus tard, en 1666, que la France commença à s'y établir. Les Anglais, eux, se sont installés en 1724 dans le coin sud-est de la région et ont pris le contrôle de l'état en 1763 grâce au Traité de Paris. Voilà pour la toponymie française.

Le capitol, à Montpellier, Vermont.Le Vermont a donc été partagé pendant 39 ans entre les Français et les Anglais. Après le traité de Paris, la région a été disputée par les colonies de New York et du New Hampshire, colonies membre du Dominion of New England. Cette dispute a mené à la République du Vermont, en 1777. Le Vermont est devenu un État en 1791. Voilà pour la Nouvelle-Angleterre.


2007/07/23

Tornade!

Hier, nous étions dans le parc de la Gatineau. Il faisait un temps splendide et nous avions trouvé une longue plage où tout le monde parlait russe. C'était assez surréaliste.

Plus surréaliste encore: les sauveteurs qui font sortir tout le monde de l'eau. Une fille s'y mettait particulièrement. Elle voulait faire preuve de beaucoup de leadership. Quand, en s'approchant de nous, quelqu'un lui a demandé pourquoi il fallait sortir de l'eau, elle a dit: "There's a tornado." Et tout le monde: "A tornado?" On n'y croyait tellement pas que Simon s'est mis à imaginer un phénomène marin qu'on ne trouve que dans les lacs.
Nous avons poireauté une heure sur la plage, à ne pouvoir nous baigner, à attendre bêtement le passage de la tornade. Certains, pour se moquer, se sont mis à crier : "Shark! Shark!" Et ils trempaient le pied dans l'eau pour narguer les sauveteurs. Ces derniers couraient d'un bout à l'autre de la plage pour demander aux plaisanciers (pour ne pas dire plaisantins) de retirer leur pied de l'eau. À la fin, ils ont demandé à tout le monde de s'éloigner de l'eau d'un bon deux mètres. Ils ont dit : "La CCN s'en vient. Ils vont évaluer la situation et nous permettre de nous baigner à nouveau." Et nous, pour rigoler : "Quoi, ils s'en viennent vérifier qu'il n'y a pas de tornade ? " Tout ça avait l'air d'un exercice.

Évidemment, il n'y a eu aucune tornade.

2007/05/28

Les fraises et la table de bois

Mes promenades avec la Catalogne connaissent souvent des dénouements inattendus. L'autre jour, m'arrêtant près d'un cerisier en fleurs pour le photographier, nous fûmes surpris par des appels venant de l'autre côté de l'arbre: "Par ici! Venez photographier de ce côté!" Nous tendîmes le cou pour voir, là se déployait un jardin communautaire. Un homme arrosait son potager: "De cet angle c'est beau aussi!", ajouta-t-il.

La Catalogne et moi pénétrâmes dans les lieux. L'homme nous montra une tale de lavande: "Prenez des photos de ces fleurs, la couleur est belle, regardez." Je sautai plutôt sur l'occasion pour m'informer des modalités pour avoir un lot. L'homme me dit tout, puis il nous offrit des plants de fraises, de la ciboulette et de la menthe. Et c'était comme un miracle. On avait marché comme ça au hasard des coups de vent et voilà qu'on rentrait chez nous les bras chargés de terre et plantes qui se mangent. C'était un beau moment.

Puis ce soir, partis dans la direction opposée, nous découvrîmes un Canadian Tire. "Découvrir" n'est pas peu dire : la Catalogne n'avait jamais mis les pieds là-dedans. Elle fut à la fois émerveillée de voir tout ce qu'il y avait sur les tablettes et déçue de n'avoir pas connu cet endroit avant que ces parents ne viennent lui rendre visite. Ils nous auraient acheté tant de choses! Personnellement, ça m'a permis de sortir ma carte de crédit et de mettre des choses à moi dans l'appartement. C'est bon pour mon orgueil, de contribuer. J'ai donc acheté une table en bois, deux petits bancs, un extincteur et quelques ustensiles de cuisine. Encore une fois, nous étions partis tout simplement par pur hasard, et voilà que nous revenions les bras chargés de meubles... que nous avons mis, bien entendu, sur le balcon, à côté de nos plate-bandes de fraises et de menthe.

2007/05/16

QuébecLes photos de ma dernière escapade à Québec sont disponibles dans mon photorama.

2007/05/14

Ça n'a pas fini de tomber

Peu après notre départ pour Québec hier, la circulation me força a arrêter sous un viaduc de l'autoroute 25. "C'est dangeureux de s'arrêter sous les viaducs, ici", déclara la Catalogne. Et elle avait bien raison.

En effet, plusieurs heures plus tard, à notre retour, vers minuit, nous passions sous le même viaduc de la 25, mais en sens inverse. De l'autre côté du terre-plein, la circulation était complètement arrêtée. Embouteillage nocturne, un dimanche. Un morceau de béton était tombé du boulevard Hochelaga.

Le viaduc de la rue Hochelaga sera détruit dans les prochaines semaines et un nouveau sera construit, affirme Transport Québec. Le ministère affirme que la décision d'entreprendre ces travaux n'ont rien à voir avec cet incident.
-Radio-Canada.ca

Je commence à penser qu'on se tiermondialise. C'est assez gênant quand on a avec nous une délégation catalane.

À l'Hôtel Madrid

Dans ma rutilante Malibu louée, je roulais vers Québec avec, pour passagers, la Catalogne et ses parents. Or le père ayant soudain envie d'un café, je pris la première sortie.
Stupeur et tremblement :
Dinosaures et créneaux blancs :
C'était l'Hôtel Madrid!
Quelle joie ! Avec un peu de chance, nous verrions Normand L'Amour (à chercher sur YouTube pour l'ensemble de son oeuvre).

Le restaurant de l'hôtel était bondé. Je n'y avais jamais mis les pieds. Une dame, dans sa robe gala country et avec ses "r" roulés commes des egg rolls, nous demanda très gentiment si nous avions une réservation, "car à cette heure, c'est les réservations". Évidemment, nous n'avions rien réservé, nous venions sur un coup de tête. Qui plus est, jamais je n'aurais pensé que cet endroit puisse être fréquenté. Je l'imaginais toujours désert, alimenté mystérieusement par une source d'argent blanchi. Je proposai d'aller plutôt au dépanneur, mais ma timide suggestion se perdit dans le brouhaha ambiant. La dame nous proposa deux paires de tabourets sur l'espèce d'îlot-comptoir qui trônait au milieu du restaurant. La Catalogne et moi nous assîmes à un bout du comptoir, pendant que ses parents allaient à l'autre Je commandai un café.

C'est à ce moment que je fis remarquer à la Catalogne que nous apercevrions peut-être ce cher Normand au bonnet blanc. Coup d'oeil autour: nul bonnet. Mais à l'autre bout du comptoir, face aux parents catalans, je le reconnus, il n'avait pas son chapeau, mais c'était bien lui! Normand L'Amour!

Nous ne lui avons pas parlé, mais je puis affirmer qu'il existe un vidéo où on me voit siroter mon café à quelques mètres de lui. La Catalogne en a également profité pour photographier ses parents dans ce lieu incongru, en prenant bien soin de cadrer, discrètement, le célèbre chanteur et divin messager. Ledit homme, en ayant vu beaucoup d'autres, remarqua tout de suite le safari-photo dont il faisait l'objet et enfila son couvre-chef, à mon plus grand bonheur. C'était Normand L'Amour dans toute sa splendeur.

2007/04/02

Barcelona !

Voilà, c'est officiel : j'ai mes billets pour Barcelone. Je serai en Catalogne du 23 juin au 15 juillet 2007. Je suis si excité! :)

2007/03/18

Le dindon de la farce

La démarche d'un étrange oiseau le long de la route entre Ottawa et Montréal m'incita à ralentir. On eût dit le rescapé squelettique d'un accident qui, emmitoufflé dans une couverture, marchait de ses maigres jambes jusqu'à la prochaine station-service. Haut sur pattes et gros de corps, l'animal n'était ni un héron égaré, ni un corbeau affamé. Il marchait nonchalament et le vent, très fort ce jour-là, faisait trembler ses plumes.

Puis enfin lorsque nous l'avons dépassé, j'ai reconnu l'espèce : un dindon ! un dindon sauvage !

glouglouglouglou!

2007/03/16

Pêcher sur la glace

Les photos de ma merveilleuse fin de semaine de pêche dans mon pays natal sont disponibles dans mon photorama.

2007/02/12

Retour sur Québec

Les photos de mon escapade dans la Vieille Capitale sont disponibles ici. J'ai passé une très belle fin de semaine:
- Lunch au Tatoum
- Promenade sur l'Esplanade
- Cocktail impromptu au Château Frontenac
- Défilé du Carnaval
- Pétillant souper au Lapin Sauté
- Exposition Botero au MBAQ
- Café à Trois-Rivières

"On dirait les Têtes à Claques".
- Un visiteur devant les peintures de Botero.
J'ai plutôt trouvé que les formes arrondies et généreuses des personnages du peinture rappelaient bien plus le Bonhomme Carnaval. J'attends toujours qu'il en fasse le portrait. Jugez-en par vous-mêmes.