2009/09/28

La trappe à Pratte

J'ouvre une trappe:
Or, tarifs et impôts sont foncièrement différents. En plus de servir à financer les services publics, les tarifs font porter la responsabilité principale de ce financement aux utilisateurs des services en question: l'entretien des routes aux automobilistes, celui des parcs aux campeurs. De plus, les tarifs influent les comportements des usagers: si l'électricité coûte plus cher, on en gaspillera moins. (André Pratte, Cyberpresse.ca)
Lorsque Pratte dira, dans un futur éditorial, que l'augmentation des frais de scolarité n'a aucune incidence sur la fréquentation des universités, je nous rappellerai que cet homme a dit aujourd'hui que l'augmentation des tarifs d'électricité permettait de réduire la consommation d'électricité.

2009/09/25

Des questions nationales

Entre Montréal, Édimbourg et Barcelone, on constate à quel point le Québec, l'Écosse et la Catalogne partagent la même valse-hésitation entre le confort du statu quo et l'envie d'une nation indépendante, ne cessant jamais de se dire "à la prochaine fois". (David Desjardins, Voir.ca)

L'art public

Mais de l'art, n'y en a-t-il pas partout, sur les grandes places, dans les parcs, sur les toits, dans les vitrines de toutes les villes qu'on admire et qu'on envie? Paris, Londres, Barcelone, New York...

S'il n'en tenait qu'à elle, donc, Montréal aurait tout simplement beaucoup plus d'art public, de photos suspendues sur les toits, de murales, d'installations et de sculptures comme cette oeuvre, donc, aujourd'hui d'une immense valeur, commandée en 1967 pour l'Expo à l'une des figures de proue de la sculpture contemporaine, le très célèbre artiste américain Alexander Calder. (Cyberpresse)

2009/09/24

C'est l'automne

J'entends les outardes survoler Montréal.

2009/09/20

Après avoir démantelé une colonie de ténébrions meuniers, je peux aller dormir, porté par le sentiment du devoir accompli.

2009/08/24

Un numéro de série révélateur

Son ancienne épouse, âgée de 28 ans, avait été retrouvée la semaine précédente dans un dépotoir du sud de la Californie. Son corps avait été mutilé pour éviter qu'elle ne soit identifiée, mais elle a finalement pu l'être grâce au numéro de série qui figurait sur ses implants mammaires. (Radio-Canada.ca)

2009/08/18

De l'inattendue ressemblance entre Mitsou et Rita Mitsouko, sur Franco Phil, notre filon franco.

2009/08/10

Assimilation

Ce matin, en parlant anglais à des collègues, j'ai glissé par erreur un "això" bien catalan au lieu de "that".

La Saint-Laurent

C'est aujourd'hui la Saint-Laurent. Pour l'occasion, j'ai pensé vous livrer le récit de sa mort, extrait de Wikipédia :
Le préfet de Rome, informé que l'église possédait des trésors, fit venir Laurent et lui enjoignit de les livrer pour les besoins publics. Le saint diacre demanda un peu de temps, fit venir les orphelins, puis dit au préfet en les lui montrant : « Voilà les trésors de l'Église, que je vous avais promis. » À cette vue, le préfet entra en fureur, et, croyant intimider le saint diacre, il lui dit que les tortures qu'il aurait à souffrir seraient prolongées et que sa mort ne serait qu'une lente et terrible agonie. Ayant ordonné qu'on dépouillât Laurent de ses habits, il le fit d'abord déchirer à coups de fouet, puis étendre et attacher sur un gril, de manière que les charbons placés au-dessous et à demi allumés ne devaient consumer sa chair que peu à peu.

2009/08/07

Faites comme chez vous

Des fêtards ivres morts chantent à tue-tête et pissent dans les rues de Montréal aux petites heures du matin : les Montréalais se disent que ces touristes se croient partout chez eux.

Des fêtards ivres morts chantent à tue-tête et pissent dans les rues de Barcelone aux petites heures du matin : les Barcelonais se disent que ces touristes ne feraient même pas ça chez eux.

2009/06/27

Je suis désolé d'être si peu volubile ces temps-ci. J'avais beaucoup de choses à mener à terme avant mon départ pour Barcelone. Je pars dans vingt minutes. Un mois de pur bonheur dans la capitale catalane.

À bientôt!

2009/06/18

Barcelone et Chibougamau : même combat

Patrick Lagacé raconte aujourd'hui sur son blogue qu'il est à Chibougamau. Pour le railler, un lecteur fait le commentaire suivant : "Certaines personnes vont à Barcelone, d'autres à Chibougamau! Chacun sa destination de voyage préférée! - mairot" Ça me fait rigoler parce que depuis deux ans, mes principaux déplacements sont précisément Barcelone et Chibougamau. Je suis d'ailleurs allé à Chibou en avril et je m'envolerai vers la capitale catalane dans 10 9 jours. :)

2009/06/12

Soupir de soulagement : Montréal dit non aux télécabines.

Il y a quand même une limite à copier Barcelone!
La construction de télécabines entre le Vieux-Port et Saint-Lambert est compromise. Après mûre réflexion, l'administration Tremblay a rejeté le projet de la compagnie Skylink, affirmant qu'il «s'éloigne des orientations montréalaises en matière d'aménagement du territoire».

Dans un communiqué diffusé cet après-midi, le comité exécutif a fait valoir que ses membres ont eu des réserves sur différents aspects du projet. On reproche entre autre au promoteur de ne pas avoir produit un plan d'affaires détaillé, ni de projections sur l'accroissement du tourisme. Et le financement du projet restait inconnu. (Cyberpresse)

2009/06/10

Être d'accord avec Nathalie Collard

Télécabine à BarceloneMais qui empruntera la télécabine un mardi après-midi glacial d'hiver? Et pour aller où? Pourquoi des milliers de personnes auraient soudainement envie de se rendre au parc Jean-Drapeau? Et ce n'est quand même pas le village de Saint-Lambert, au demeurant fort charmant, qui convaincra des milliers de touristes de choisir la région montréalaise comme destination vacances.

Affirmer, comme le font les dirigeants de Skylink, qu'un funiculaire entraînerait des retombées économiques équivalentes à celles du Festival de jazz et du Grand Prix de Formule 1 réunis est carrément loufoque et contribue à alimenter le scepticisme ambiant à l'endroit de ce projet. Peut-on y aller de prévisions plus réalistes, appuyées par des études de marché solides?

Enfin, pour convaincre les récalcitrants, les promoteurs de la télécabine citent en exemple des villes de réputation internationale comme Barcelone et Singapour.

En effet, on trouve dans la capitale catalane un funiculaire intégré au réseau de transports en commun. On peut donc l'emprunter avec un ticket de métro. Mais le funiculaire de Barcelone grimpe au sommet du Monjuïc: on a donc une vue unique sur Barcelone. Même scénario à Singapour où la vue du haut du mont Faber est spectaculaire. Qu'offrira-t-on aux visiteurs à Montréal? Une vue imprenable sur le Casino? (Nathalie Collard, Cyberpresse)

2009/06/05

Personnellement, ce projet de télécabines enjambant le fleuve pour relier Montréal à Saint-Lambert ne m'impressionne pas. Trop de fils, trop de gugusses dans le ciel. Une guirlande. Je trouve ça kitsch à l'os.
« Si des télécabines existent à Barcelone, à Singapour, en Allemagne, pourquoi pas à Montréal ? D’autant plus que c’est un investissement qui ne nécessiterait aucun fonds public », a plaidé Michael Banks, président de la Société de développement commercial Vieux-Montréal, jeudi, en conférence de presse.
Posons la question autrement : « Si des télécabines existent à Barcelone, à Singapour, en Allemagne, pourquoi à Saint-Lambert ? »

2009/06/04

Comprendre le monde grâce à TVA

Ce soir au Téléjournal de TVA, Sophie Thibault annonce : "Le monde entier attendait aujourd'hui le discours d'Obama en Égypte." Derrière elle, on aperçoit une photo du président avec, en arrière-plan, le Taj Mahal...

Je ne voyais pas la ville de Strasbourg comme une ville créative ou design ! Ce n'est pas Montréal ou Barcelone! Force est de constater que la région est dynamique sur ces questions... (Frédéric Creplet)

2009/06/03

Ce soir au téléjournal, Sophie Langlois a fait un reportage sur le choléra au Zimbabwe. Vers la fin, parlant des défis que pose cette maladie dans le contexte politique du pays, elle lance, le plus sérieusement du monde : "Les Zimbabwéens ont encore la peur au ventre."

Je sais pas... je trouve ça spécial de parler de choléra et de peur au ventre.

2009/05/28

Appelez-la Wouf. Wouf, Wouf.

L'histoire saugrenue d'une petite fille élevée par des chats et des chiens :
Selon la police, elle «saute contre la porte et aboie».

2009/05/26

Barcelone est l'une des villes les plus créatives au monde, riche en culture, et partage de nombreux traits communs avec Montréal: ouverture au monde, importance des activités culturelles et artistiques, vitalité de la recherche, «grappes industrielles» dans des domaines similaires (sciences de la vie, aéronautique, technologies de l'information, design), etc. ("Laboratoires d'idées pour la créativité", Cyberpresse)

2009/05/25

Incroyable mais vrai

Le premier jour de son voyage en Arctique, la gouverneure générale Michaëlle Jean a posé un geste de solidarité envers les chasseurs de phoques en éviscérant un phoque fraîchement abattu avant d'en retirer le coeur, qu'elle a ensuite mangé cru. (Cyberpresse)

2009/05/12

Ça sent la moutarde

La relish, le ketchup, le vinaigre blanc, celui des bocaux dans lesquels baignaient (baignent encore?) les oeufs et les langues sur le comptoir des tavernes, et la moutarde américaine sont les frontières infranchissables qui empêcheront toujours l'immigrant européen de première génération de devenir réellement nord-américain. Malgré mes formidables capacités d'intégration, c'est par la relish que je ne serai jamais entièrement de votre race. Pour le ketchup, je ne le supporte que maison. Pour la moutarde américaine, je la tolère aussi, mais seulement sur les hamburgers des fast-food, ceux des stades et des arénas. Bref, quand ce n'est pas vraiment de la viande, je veux bien tartiner dessus de la moutarde qui n'est pas vraiment de la moutarde en me disant: bof, un peu plus ou un peu moins dégueulasse, ça dérange pas. (Pierre Foglia, La Presse)

2009/05/11

Regarder Barcelone de haut

Le métro, une exposition universelle et les Olympiques, les trois quasi simultanément, voilà tout Jean Drapeau. Imaginez un instant qu'il entende dire que Toronto se donne dix ans pour étendre de plus de 120 kilomètres son réseau de tramways, que Québec vient de mettre en valeur sa rive fluviale, ou encore que Montréal fait désormais pâle figure face à Barcelone, une ville que l'on regardait de haut il y a 30 ans. (Le Devoir)

2009/05/09

Montréal, Barcelone du Nord

Ils posent la question comme si l'idée était nouvelle :

Florent Risser et Benjamin Eber ont la bougeotte. Le premier, chef et le second, serveur, arrivent tout juste de la Martinique où ils ont tenu un resto pendant deux ans. De l'Alsace à Barcelone, en passant par Monaco, ils ont déjà avalé pas mal de kilomètres. Considérant qu'ils avaient fait le tour de cette île des Antilles alors en pleine crise sociale, ils se cherchaient une nouvelle étape et entendirent parler, beaucoup, de la métropole québécoise. De bons produits, une ambiance sympathique, Montréal serait-elle considérée comme la Barcelone du Nord? (Voir.ca)

2009/05/08

Paris non, Barcelone oui.

Le consultant marketing et planificateur stratégique mentionne qu'il est beaucoup plus réaliste de se comparer à des villes comme Amsterdam, Barcelone et Dublin que de tenter de rivaliser avec New York, Paris ou Chicago, un combat absurde et perdu d'avance. (Dim'ocratie: "McGill College n'est pas Madison Avenue!")

Avoir une tête dans son assiette

Il me semble que si je trouvais une tête de serpent dans mon assiette de brocoli, je l'enlèverais de là. Or, qu'a fait le restaurant où cela s'est produit ? Il a retiré le brocoli.

2009/05/07

Cochonnerie

En ces temps de grippe porcine, un petit fait trivial pour nous la dilater : 

Ceci n'est pas une vulveLa porcelaine est une céramique fine et translucide produite à partir du kaolin. Le terme « porcelaine » vient du coquillage du genre Cypraea, nommé ainsi par sa ressemblance avec la vulve de la truie. Lorsque les Italiens ramenèrent la porcelaine de Chine au xve siècle, ils crurent qu'elle était faite de ce type de coquillage broyé, et le nommèrent donc porcellana, porcelaine en italien. (Wikipedia)

2009/05/06

Depuis quelques années, à l'instar de villes comme Amsterdam, Barcelone ou Dublin, Montréal est en train de devenir un atout sexy à l'international. ("Made in Montréal", www.strategie.fr)

2009/04/21

Trouver la mort à Barcelone

Cette fois, c'est l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal qui décide de comparer la métropole québécoise à la capitale catalane. Grâce à une carte interactive, on peut découvrir une foule de choses, par exemple que le taux de suicide est plus élevé à Montréal que là-bas, ce qui tendrait à donner raisons à toutes ces journalistes de la Presse qui s'inspirent de leurs vacances passées à en fumer du bon dans le Raval pour nous chier sur la tête et reprocher aux dirigeants de la ville qu'il neige en hiver. Par ailleurs, on remarque que les Montréalais ont la patate fragile, peut-être est-ce à cause du froid qui force le coeur à pomper avec plus de vigueur le sang chaud jusqu'au bout des doigts, du beurre qui bouche les tuyaux, de l'allure apparamment piteuse de la ville quand on revient de Barcelone, ou des chroniqueuses qui n'en reviennent pas. 

Cela dit, pendant que nous avons le coeur qui flanche ou la corde au cou, les catalans, eux, crèvent du cancer, d'accidents cérébro-vasculaires et de problèmes de l'appareil respiratoire en plus grand nombre que chez nous. 

Alors, Montréal ou Barcelone? À regarder la carte mentionnée plus haut, il ne fait aucun doute que le meilleur endroit pour vivre longtemps et en santé, c'est...   le West Island. 

Granupage

granupage (n. m.): péj. Simon qui boit du café. p. ext.: personne qui boit du café.  "-Moi, je bois du café. -Granupage!"

2009/04/20

Niagara les pieds secs


En 1969, les Américains ont décidé de rénover leur pan des chutes Niagara. La photo ci-contre montre l'endroit complètement asséché. Ces chutes, faut-il le rappeler, ont le plus fort débit au monde.

2009/04/17

Et de 9000!

Déjà 9000 visites dans mon Photorama! Merci!

2009/04/16

Entendu à La Zone

"À un moment donné à soir, la vapeur a renversé." (Un analyste)

Une offre alléchante

Je ne m'attendais pas à une telle réponse en demandant à cette fille ce qu'elle faisait dans la vie : "Je suis sur le chômage et je me masturbe". À côté d'elle, son chum avait enfilé un grand nombre de verres de vin et de scotch. Ivre mort, il ne savait même plus dans quel bar il était. Mais il était beau, alors on lui pardonne. "Prends-le, a-t-elle dit, ça lui ferait du bien."

2009/04/13

Je viens d'apprendre l'existence de Stelarc, un artiste australien qui s'est fait implanter une troisième oreille... dans le bras. Choc.

2009/04/10

Très intéressante chronique de Marc Cassivi dans la Presse : La télé fait de meilleurs citoyens.


Abattre des innocents dans un lieu public semble être un moyen moderne de péter les plombs. (Steve Proulx, "Une mode épouvantable")

2009/04/09

Le délire se poursuit

Cela dit, même si tout s'arrêtait demain matin dans la capitale catalane, le fossé est déjà si grand que la ville de Montréal aurait encore bien des raisons d'être follement jalouse de Barcelone. (Rima Elkouri, "Jalouse de Barcelone", Cyberpresse.ca)

2009/04/03

Un beau projet : démolir les autoroutes à Montréal.

2009/04/01

Un vieux fatigant à une jeune fille en vélo : "Tiens ton guidon, guidoune!"

2009/03/27

Elles sont de retour

Ce matin, j'avais beau être plus en retard que d'habitude, j'avais beau être blasé de tout, le passage des outardes au-dessus de ma tête m'a arraché un sourire. 

2009/03/23

Comme un étau de barbelés rougis à blanc

Quand je lisais Tristes tropiques cet hiver, l'idée m'est venu de m'aérer les esprits, le soir, en plongeant dans Du côté de chez Swann. C'était une belle époque. Alterner entre ces deux ouvrages était une véritable jouissance. Je mettais un instant de côté une lecture passionnante pour en embrasser une autre qui l'était tout autant, et vice versa.

Tristes tropiques terminé, je lis désormais Proust de façon plus assidue mais, ayant bien aimé cette idée d'alternance, j'ai décidé de poser un autre ouvrage sur ma table de chevet, d'un genre que je ne lis jamais, et que j'ai reçu à Noël : TERREUR À TRACADIE.

J'ai pensé vous offrir un extrait, pour la postérité : "En lisant le courriel, j'ai senti un étau de barbelés rougis à blanc me serrer la poitrine." (p. 237) Voilà. Le voyez-vous comme c'est beau ? Le voyez-vous, vous?

Je lis deux chapitres de TERREUR À TRACADIE le soir dans ma baignoire et le lendemain, dans le métro, je me précipite dans la recherche du temps perdu.

"C'est encore les fonds publics qui vont éponger les pots cassés."

2009/03/22

Plus qu'un club

En cette année du centenaire, on mesure bien à quel point le Canadien est, pour emprunter une expression chère aux partisans du FC Barcelone, «plus qu'un club». Qu'il le veuille ou non, il a des responsabilités qui dépassent celles d'une équipe sportive ordinaire. Y compris celle de s'assurer que les entraîneurs d'ici aient leur chance de jouer dans la cour des grands. (Jean-François Bégin, "Halak et rien d'autre", Cyberpresse)

2009/03/19

François Parenteau, au sujet de la bataille sur la bataille des plaines d'Abraham : La bataille pour rien.

2009/03/17

Entendu à l'Université de Montréal

Un étudiant étranger à un autre : "Au Canada, tout est possible!"

2009/03/09

Les guns à Ti-Gus

Dans mon village natal, tous connaissent ce gros bêta qui ne sort jamais sans ses fusils. Quand la cloche de l'église sonne midi ou au douzième coup de minuit, les jours de fête, personne ne s'inquiète d'entendre des coups de feu, car tous savent qu'il s'agit de Gus tirant en l'air pour marquer le passage du temps. Le pauvre se prend peut-être pour une cloche, mais lorsqu'il sort prendre l'air et que, arpentant les vieux trottoirs rongés par l'hiver et l'humilité financière du conseil municipal, il arbore fièrement ses canons rutilants sous le soleil, il médite sûrement sur l'absence de shérif et s'enorgueillit alors de nous rendre service en intimidant par ses fusils les vauriens qui voudraient commettre des crimes, violer nos femmes et corrompre nos enfants. Il ignore que si le village n'a pas de shérif, ce n'est pas faute de protection policière mais parce que les shérifs sont aux États-Unis et que notre chef de police, lui, est à son poste, entre le bureau du chômage et le salon de quilles. Sans doute est-ce là le point le plus comique de la parade de notre cloche armée : lorsque, en méditant là-dessus, elle passe devant le poste sans remarquer le chef qui écarte les persiennes pour l'observer, puis envoie l'auto-patrouille l'intercepter au bout de la rue, à l'entrée du cimetière.

Cette obsession pour l'arme à feu prend des proportions démesurées les jours plus gris, lorsque notre homme, inquiet de voir ses armes atteintes par quelques gouttes de pluie, décide de faire sa promenade en voiture. Dans ces cas-là, il remplit son coffre arrière, la banquette et le siège du passager d'armes et de munitions. À la taverne, les plus cyniques parient que s'il avait une remorque, notre obsédé la remplirait elle aussi de carabines et de fusils.

Le voici donc qui prend, par un jour de pluie verglaçante, la route vers Ottawa, au sud, avec son arsenal en guise de passagers et de bagages. Mais rendu à l'entrée de Kazabazua, là où la 301 rejoint la 105, l'irruption soudaine d'un camion au milieu de l'intersection force notre Ti-Gus à freiner pour éviter la collision. Or, derrière lui, un chauffeur n'ayant pas la même maîtrise que lui de son véhicule, en freinant, dérape, fait un tête à queue, heurte par derrière le coffre de la voiture de Gus avant de s'arrêter violemment dans le fossé, où la force de l'impact a pour effet d'ouvrir le coffre. Gus sort paniqué de sa voiture, ouvre son coffre pour constater les dommages. Les armes semblent intactes, mais seul un examen approfondi des mires, au retour à la maison, saura révéler l'ampleur du drame. Heureusement, aucune balle n'a éclaté. Puis, levant la tête, Gus aperçoit l'autre chauffeur qui sort de sa voiture en titubant et inspecte lui aussi, en jurant en anglais, son coffre rempli de carabines et d'arbalètes. Les deux hommes, constatant alors leur obsession commune et les risques qu'elle entraîne, se promettent, en échangeant leurs coordonnées, de toujours se prévenir mutuellement de leurs déplacements. Puis le chauffeur du camion, ayant tout aperçu, sort les rejoindre pour rire avec eux : "Et c'est même pas la saison de la chasse! Ah! Ah! Ah!"

-- À lire aussi --
Collision entre sous-marins nucléaires français et britannique

Se faire de la mauvaise bile

Comme dans : "Je ne voudrais pas que tu te fasses de mauvaise bile."


N'essayez pas à la maison.

2009/03/07

Debout pour pisser

Je suis triste de voir autant d’hommes dans le trou noir. Je respecte les hommes, j’ai besoin des hommes et j’aime les hommes. Dans notre maison mon mari et mon beau fils ont toujour uriné DEBOUT, moi et ma belle-fille assisent. Hommes du québec debouts car il y a des femmes jeunes et moins jeunes qui vous espère. (Commentaire de delbast laissé sur le blogue de Patrick Lagacé)

2009/03/05

Ils sont morts parce qu'ils étaient soldats. C'est un risque du métier de soldat. Au Canada on est soldat par choix. Ceux qui meurent pour rien à la guerre, ce sont les conscrits, les civils dans leur maison bombardée par erreur, les enfants qui trouvent les mines qu'ont posées les soldats. (Pierre Foglia, "Une guerre comme ça", La Presse)

2009/03/04

Folie

Il me semblait qu'elle m'eût considéré comme un fou; je cessais de croire partagés par d'autres êtres, de croire vrais en dehors de moi les désirs que je formais pendant ces promenades et qui ne se réalisaient pas. Ils ne m'apparaissaient plus que comme les créations purement subjectives, impuissantes, illusoires, de mon tempérament. Ils n'avaient plus de lien avec la nature, avec la réalité qui dès lors perdait tout charme et toute signification et n'était plus à ma vie qu'un cadre conventionnel comme l'est à la fiction d'un roman le wagon sur la banquette duquel le voyageur le lit pour tuer le temps. (Marcel Proust, Du côté de chez Swann, p. 202)

2009/02/26

Simon et moi, sur le café et le riz

Gousse dit :
J'ai cassé mon bodom.

simon dit :
Ce n'est pas grave, tu ne bois plus de café, Gousse.

Gousse dit :
Je bois du café, Simon, j'en ai même bu un avec toi dimanche. 

simon dit :
Du DÉCA. C'est pas du vrai  

Gousse dit :
N'importe quoi. Comme si du riz blanc n'était pas du riz. 

2009/02/24

Entendu sur la ligne bleue

Deux adolescentes lisent ensemble la page du journal Métro réservée aux nouvelles de la STM : 
"Moi, je prendrais cet argent-là pour étendre le métro. On est en pleine crise économique, c'est pas le temps de mettre plus d'autobus!"

2009/02/21

Dans les journaux

Deux chroniques délicieuses ce week-end :
Pierre Foglia, Le pervers
Gil Courtemanche, Une leçon de démocratie

2009/02/18

Un asticot mal placé

J'étais récemment assis à la table d'un café branché avec un ami que je n'avais pas revu depuis son long périple dans de lointaines contrées. Son récit était si passionnant que j'en oubliais les doux et jolis serveurs qui allaient et venaient dans tous les sens. Soudain mon ami s'inséra un doigt dans l'oreille, qu'il se mit à agiter avec vigueur, comme s'il tentait d'y déloger quelque chose, tout en continuant de me parler, comme si de rien n'était, mais après un moment, n'ayant toujours pas réussi à venir à bout de sa démangeaison, s'excusa du temps qu'il prenait à faire un geste si peu élégant. Compréhensif de nature, et si accommodant, je lui dis de prendre tout le temps qu'il jugerait nécessaire. 

Ce petit jeu dura un moment, jusqu'à ce que, enfin, mon ami sorte triomphalement le doigt de son conduit auditif et qu'à ce geste, un petit résidu blanc, projeté violemment hors de sa tanière, atterrisse sur la table. En y regardant de plus près, je reconnus un asticot qui se tortillait. Mon ami prit alors une serviette de papier pour écraser la petite créature et, devant mon soupir de soulagement, se confondit en excuse. Il m'expliqua que cela lui arrivait un ou deux fois par semaine depuis le Brésil. Et moi de balayer cette explication d'un geste de la main : "Je pensais que tu allais le mettre dans ta soupe!"

2009/02/16

Ce qu'exige l'amour

Que nous croyions qu'un être participe à une vie inconnue où son amour nous ferait pénétrer, c'est, de tout ce qu'exige l'amour pour naître, ce à quoi il tient le plus, et qui lui fait faire bon marché du reste. Même les femmes qui prétendent ne juger un homme que sur son physique, voient en ce physique l'émanation d'une vie spéciale. C'est pourquoi elles aiment les militaires, les pompiers; l'uniforme les rend moins difficiles pour le visage; elles croient baiser sous la cuirasse un cœur différent, aventureux et doux; (Marcel Proust, Du côté de chez Swann, p. 142)

2009/02/15

La fille du jardinier

Quelquefois j'étais tiré de ma lecture, dès le milieu de l'après-midi, par la fille du jardinier, qui courait comme une folle, renversant sur son passage un oranger, se coupant un doigt, se cassant une dent et criant : "Les voilà, les voilà!" (Marcel Proust, Du côté de chez Swann, p. 129)

2009/02/13

Montréal et Barcelone, capitales du night life.

Du plaisir de lire

Enfin en continuant à suivre du dedans au dehors les états simultanément juxtaposés dans ma conscience, et avant d'arriver jusqu'à l'horizon réel qui les enveloppait, je trouve des plaisirs d'un autre genre, celui d'être bien assis, de sentir la bonne odeur de l'air, de ne pas être dérangé par une visite; et, quand une heure sonnait au clocher de Saint-Hilaire, de voir tomber morceau par morceau ce qui de l'après-midi était déjà consommé, jusqu'à ce que j'entendisse le dernier coup qui me permettait de faire le total et après lequel le long silence qui le suivait semblait faire commencer dans le ciel bleu toute la partie qui m'était encore concédée pour lire jusqu'au bon dîner qu'apprêtait Françoise et qui me réconforterait des fatigues prises, pendant la lecture du livre, à la suite de son héros. Et à chaque heure il me semblait que c'était quelques instants seulement auparavant que la précédente avait sonné ; la plus récente venait s'inscrire tout près de l'autre dans le ciel et je ne pouvais croire que soixante minutes eussent tenu dans ce petit arc bleu qui était compris entre leurs deux marques d'or. (Marcel Proust, Du côté de chez Swann, p. 128)

2009/02/12

Si mes parents m'avaient permis, quand je lisais un livre, d'aller visiter la région qu'il décrivait, j'aurais cru faire un pas inestimable dans la conquête de la vérité. Car si on a la sensation d'être toujours entouré de son âme, ce n'est pas comme d'une prison immobile; plutôt on est comme emporté avec elle dans un perpétuel élan pour la dépasser, pour atteindre à l'extérieur, avec une sorte de découragement, entendant toujours autour de soi cette sonorité identique qui n'est pas écho du dehors mais retentissement d'une vibration interne. On cherche à retrouver dans les choses, devenues par là précieuses, le reflet que notre âme a projeté sur elles, on est déçu en constatant qu'elles semblent dépourvues dans la nature, du charmes qu'elles devaient, dans notre pensée, au voisinage de certaines idées [...] (Marcel Proust, Du côté de chez Swann, p. 127)

2009/02/11

Tous les sentiments que nous font éprouver la joie ou l'infortune d'un personnage réel ne se produisent en nous que par l'intermédiaire d'une image de cette joie ou de cette infortune; l'ingéniosité du premier romancier consista à comprendre que dans l'appareil de nos émotions, l'image étant le seul élément essentiel, la simplification qui consisterait à supprimer purement et simplement les personnages réels serait un perfectionnement décisif. (Marcel Proust, Du côté de chez Swann, p. 125)

2009/02/09

Méchant bonbon

J'ai un collègue chinois qui m'a donné un bonbon de son pays. Je ne comprends rien de l'étiquette, mais on me jure qu'il n'y a ni noix, ni amandes, que du café.   Le bonbon est d'un brun très foncé, il est dur et luisant, et dégage une forte odeur de café brûlé. Quand je le mets dans ma bouche, j'ai l'impression de passer ma langue sur le fond d'une cafetière où le café, sans cesse réchauffé, se serait évaporé, puis calciné jusqu'à former une croûte. Heureusement, un  léger goût de sucre rend ce premier contact agréable. Mais on se lasse bien vite et le goût de vieux café brûlé prend toute la place. Et on s'inquiète de penser que le bonbon, si dur, prendra beaucoup de temps à fondre. 

Alors qu'elle a étudié différentes villes qui ont une histoire coloniale et linguistique semblable à celle de Montréal, dont Calcutta en Inde, Barcelone en Espagne, Prague en République tchèque, ou Trieste en Italie, elle dit n'avoir trouvé aucun exemple comparable à Montréal en matière de particularités linguistiques. [...] En fait, c'est à Barcelone, où se côtoient le catalan et l'espagnol, et où l'on trouve une sorte de catalan métissé d'espagnol, que Sherry Simon trouve les similarités les plus vives avec la réalité linguistique de Montréal, marquée par la forte présence de deux langues parlées internationalement. (Le Devoir, 7 février 2009)

2009/02/08

Elles arrivent en robe légère, fardées et coiffées, baisent en entrant la main des maîtres de maison. Mais le fard est moins pour donner l'illusion d'être belles que les apparences de la santé. Sous le rouge et la poudre, elles ont dissimulé leur vérole, leur phtisie et le paludisme.
- Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques, p. 444

2009/02/07

La margarine

Par un beau matin ensoleillé, lors de mon premier voyage en Catalogne, ma belle-mère a mis un pot de margarine sur la table. Je me suis tout de suite arrêté de manger pour regarder, un peu ébahis, la couleur du condiment. J'ai ensuite expliqué à toute la famille que, une loi empêchant, au Québec, la margarine d'être jaune, j'avais grandi dans un monde où elle était blanche.

À moins d'être en visite, je ne mange pas de margarine. Mais mon Catalan, lui, "en beurre ben épais", comme on dit. Cette semaine, comme bien souvent, il avait laissé le pot de margarine ouvert sur la table. Cette fois, elle était jaune. Je me suis retenu de la prendre en photo. La loi est tombée. La fin d'une époque.

2009/02/04

Ma première loge

La Catalogne et moi sommes entrés dans la loge de la star après que celle-ci s'en soit allée rejoindre ses fans, qui l'attendaient. L'endroit était vaste, très éclairé, et rempli de miroirs. Les robes de l'actrice étaient suspendues mollement près d'un mur, lasses sans doute de jouer chaque soir depuis des semaines. "Paix! Paix!", avons-nous crié, en cherchant dans tous les recoins possibles et imaginables. Soudain le mime est apparu. "Viens-tu souper avec nous?", lui avons-nous demandé. Il a hoché de la tête en souriant et nous sommes sortis tous les trois, sans dire un mot, par une porte dérobée.

2009/01/30

2009/01/27

Bye Barcelone, allo Rio

Si les données voyagent en quelques millisecondes, il demeure impossible d'abolir les fuseaux horaires, et donc que des spectateurs de Montréal et de Barcelone soient dans les mêmes dispositions d'esprit. C'est pourquoi René Barsalo entrevoit une accélération des partenariats nord-sud. « Avec Rio, nous n'avons qu'une heure de décalage, plus ou moins », illustre-t-il. (Radio-Canada.ca)

Entendu chez le boulanger

Une cliente : Pardon, est-ce que vous avez des toilettes ?
Le boulanger : Oui, vas-y entre les deux frigidaires.

2009/01/25

Un beau titre idoine sorti tout droit de la crypte radio-canadienne :

Trouble affectif saisonnier
Ce mal que répand la froideur

2009/01/24

La parabole du klaxon et du criard

Deux amis vont en chercher un troisième en auto. Le conducteur s'arrête devant la tour à logement de l'ami et klaxonne longuement pour l'avertir de son arrivée. Au bout d'un moment, l'ami passager sort du véhicule. L'ami conducteur, pensant que son camarade monte chercher le retardataire, arrête alors de klaxonner. Or l'autre, plutôt que de monter, se met à hurler : "He! Ho! Jérôme! He! HE! ON EST LÀ! HE! HO! JÉRÔME!" Furieux de honte, le conducteur sort à son tour de l'auto et apostrophe le criard : "Qu'est-ce qui te prend ? T'es fou ou quoi ? Crier comme ça sur le trottoir !
- Pas plus que le gros con qui klaxonnait il y a un instant", répond l'autre avant de retourner s'asseoir.

Rouler des yeux sur les Ramblas

Michèle Ouimet, qui revient de Barcelone, compare la ville à Montréal. La comparaison est émotive, exagérée, et parfois mensongère :
La ville est belle, disais-je. De grandes artères la traversent, dont La Rambla qui part du centre-ville et finit sur une plage de sable qui donne sur la mer Méditerranée.
Or, les Ramblas débouchent sur le Port Vell (le Vieux port). Les plages sont plus au nord. Pour faire un rapprochement, on pourrait penser à la place Jacques Cartier. Du coup, la suite de la critique ne tient plus, car la Place a à peu près, mais à plus petite échelle, les mêmes attributs que les Ramblas :
Au centre de La Rambla, un immense trottoir où les gens déambulent tranquillement. Les autos circulent de chaque côté de cette esplanade. Elles ont moins de place que les piétons.


Une grosse part de la critique de Ouimet sur Montréal porte sur le froid. Elle reproche à Montréal son climat, alors qu'il fait si doux à Barcelone :
À mon retour dans la vallée glacée du Saint-Laurent, mon corps n'a pas supporté le choc thermique. Je suis passée de +12 degrés à -20 et quelque. J'ai attrapé un rhume, avec, en prime, un mal de gorge qui a aiguisé ma mauvaise humeur et mon regard noir sur Montréal.
C'est complètement déloyal. Le rhume a probablement été contracté dans l'avion, ou même directement à Barcelone. Si elle était resté chez elle, elle serait peut-être en meilleure forme.

Elle termine sur ces mots :
Barcelone est beaucoup plus âgée que Montréal. Pourtant, c'est Montréal qui a l'air d'un petit vieux irascible. Pas Barcelone qui, elle, a les allures d'une jeune femme même si elle a plusieurs siècles dans le corps.
Et moi je connais une vieille femme aigrie, mais je ne vous dirai pas qui c'est.

2009/01/23

Alain Hochereau, dans Voir, interviewe la rédactrice en chef de Créativité Montréal, Sylvie Berkowicz, au sujet d'une série télé sur la créativité culinaire :
Y aura-t-il une suite aux 13 émissions actuelles?

"Oui. Je travaille déjà sur la prochaine série. Après New York, Paris, Barcelone, Montréal et Toronto, j'ai l'intention d'explorer d'autres villes comme Londres, Copenhague ou Vancouver." ("De la créativité dans l'assiette", Voir.ca)

2009/01/21

La petite Agnès

C'était hier la fête de Sainte Agnès de Rome, morte à 13 ans d'un coup de couteau dans la gorge, après plusieurs tentatives infructueuses de la violer et de la brûler vive.

Nous sommes à Rome en l'an 303. La petite Agnès refuse de marier le fils d'un puissant sous prétexte qu'elle est chrétienne et promise à Jésus. Insulté, l'homme décide qu'Agnès mérite la mort, mais les lois de Rome à l'époque interdisent de condamner les vierges; ce qui ne signifie pas pour autant, quand on y pense, que les vierges étaient réellement protégées du bûcher, mais seulement assurées d'être préalablement violées, d'ailleurs la suite de l'histoire nous le montrerait très bien, n'eut été des miracles qui sauveront la petite sainte nitouche. 

Car miracle il y a, alors que la pauvre Agnès, complètement nue, est traînée dans les rues de Rome jusqu'au bordel le plus lointain, prie le bon dieu de protéger sa vertu et voit sa chevelure s'allonger rapidement jusqu'à couvrir tout son corps. Sans ce miracle, nous sommes en droit de penser qu'un bedeau, l'apercevant au sortir d'un magasin, lui aurait sauté dessus pour assouvir son vil désir et ainsi permettre au bourreau de brûler sa victime séance tenante. Au lieu de cela, Agnès arrive au bordel. On croit qu'elle est cuite, mais la cécité frappe tous ceux qui tentent de la souiller. Sa vertu est sauve.

Le fils du puissant, sans doute pour oublier sa peine d'amour ou envoyé là par son père qui lui a promis une belle surprise, vient faire son tour au bordel, mais meurt subitement. Furieux, son père condamne Agnès une bonne fois pour toute au bûcher, mais les flammes refusent de lécher la chrétienne et se jettent plutôt sur les bourreaux. 

En désespoir de cause, on lui plante un couteau dans la gorge.

Aujourd'hui, Sainte Agnès est la patronne : 
de la chasteté, des couples, de la pureté corporelle, des enfants de Marie, du Colegio Capranica de Rome, des récoltes, des guides (scoutisme), des filles, des victimes de viol, du diocèse de centre de Rockville dans l'État de New York et des vierges. (Wikipedia)

2009/01/18

Quand on se compare...

Il suffit d'aller visiter le site de Tourisme Montréal pour constater à quel point nous nous racontons des blagues: la superbe vidéo promotionnelle qui accueille le visiteur lui présente un Montréal 100% estival. Pas un seul flocon, que des images de festivals en plein air, de terrasses et de marchés publics. Un peu plus et on se croirait à Barcelone...
- Nathalie Collard, "Vivre l'hiver", Cyberpresse

2009/01/16

Une bouche de métro

Une belle histoire d'une ex-pucelle, à lire ici.

2009/01/12

J'ai sévi sur entendu.ca

Mais je dois avouer qu'il y a un malentendu : ils étaient encore dans le magasin. Ils venaient de payer et s'apprêtaient à sortir. 

À buse

Ce matin, je ne me suis pas laissé abuser par le vol du corbeau au-dessus de ma tête : les cris qui m'ont sorti de ma torpeur matinale ne venaient pas de cet oiseau-là. Il fallait plutôt regarder plus près du sol, dans ce buisson devant le concessionnaire Honda. Un grand oiseau hurlait, sans doute pour nous dire qu'il n'avait pas l'habitude d'être là. J'ai traversé la rue pour m'approcher un peu. En me voyant, l'animal s'est envolé dans ma direction, puis s'est perché sur un fil, juste au-dessus de moi. C'était une buse.

Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.
- Marcel Proust, Du côté de chez Swann, p. 57

2009/01/11

Me taper Proust

Lire tout À la recherche du temps perdu est un de mes projets pour 2009.

2009/01/09

Barcelone est notre modèle

Ça fait un bon moment déjà que je remarque qu'on compare régulièrement Montréal à Barcelone, dans les médias.  J'ai décidé de recenser toutes ces comparaisons.  

On commence ce matin avec un constat d'échec signé Rima Elkouri: 
Il y a un moment déjà que je n'attends plus grand-chose de l'administration municipale actuelle. Je ne m'attends pas à ce qu'elle puisse avoir une vision pour Montréal. Je ne m'attends pas à ce qu'elle transforme Montréal en Barcelone. (Cyberpresse)

2009/01/08

7 pour 1

J'ai mis 1$ dans la machine à Coke et 7 canettes sont sorties. 

2009/01/05

Amour, amour...

J'ai passé les Fêtes à pleurer la Catalogne partie festoyer dans sa famille lointaine.  Le soir du 31, quand il était minuit dans son pays, j'ai fait sonner en vain son cellulaire, puis j'ai envoyé des textos. J'étais chez des amis, je leur disais, en soupirant : je ne comprends pas, la Catalogne ne répond plus.

Vers 22h00, on a sonné à la porte. Simon m'a supplié de répondre, car il n'attendait plus personne et que ce visiteur inattendu le terrifiait. Je suis allé répondre : c'était la Catalogne, plus belle encore que dans mes souvenirs.  Sur le coup, j'y croyais à peine, car elle ne devait arriver que le 6 janvier.  Mais ce 6 janvier n'était qu'un mensonge, et le 31 décembre était une surprise. La Catalogne m'a dit:  "Gousse, ça fait trois ans que nous sommes ensemble, ce soir. Je ne pouvais pas manquer ça. "

Et les convives de filmer mes larmes de joie. 

2009/01/02

La honte et les sourcils

De plus, outre la honte à me voir la tête entièrement rasée, l'absence de sourcils, jointe à la calvitie de ma tête, m'enlaidissaient si bien que le mieux pour moi était de ne rien faire et de ne rien dire.
- Pétrone, Le Satiricon

2008/12/31

Pétrone et le désir

Ce qui est permis paraît sans valeur, et l'esprit, aveuglé, ne chérit, dans son erreur, que ce qui est défendu.
- Pétrone, Le Satiricon

2008/12/22

Décourager les plaisantins

Un autre titre idoine de Cyberpresse : 
Le SPVM veut décourager les plaisantins

Un sénateur de mon coin de pays

Patrick Brazeau est un membre de la nation algonquine et un citoyen de la réserve indienne de Kitigan Zibi, limitrophe de la ville de Maniwaki, au Québec. Ardent défenseur des droits des Autochtones, il devient, en février 2006, le Chef national du Congrès des Peuples Autochtones. Il utilise cette tribune pour promouvoir le développement économique et social des Autochtones, principalement ceux vivant hors réserve. M. Brazeau a une ceinture noire en karaté et a servi au sein de la Réserve navale des Forces canadiennes du NCSM Carleton, à Ottawa. (Blogue de Chantal Hébert)

Je me petit débrouille

Dans mon temps, les émissions jeunesse nous préparaient au monde des adultes. Tenez, par exemple, l'autre jour, l'envie m'a pris d'aller me faire cuire un oeuf. Je dis un oeuf, mais en vérité, c'était quatre. Je voulais une omelette à partager avec la Catalogne. J'ouvre donc le frigidaire et sors le paquet d'oeufs qui y traînait depuis un bout. Date de péremption: quatre jours plus tôt. Ces oeufs étaient-ils pour autant foutus ? Pouvais-je faire mon omelette en cassant des oeufs sans risquer d'empester le manoir d'émanations sulfureuses ? Pour le savoir, j'avais mon truc, une leçon apprise à écouter assidûment les Débrouillards quand j'étais gosse.

Voici la recette : mettre tous les oeufs dans le même grand bol et ajouter de l'eau. Ceux qui flottent sont bons pour la poubelle; les autres sont bons pour une omelette. Dans mon cas, il n'y en avait qu'un qui flottait. Les autres se tenaient au fond. C'est ainsi que j'ai pu séparer le bon grain de l'ivraie. L'omelette était délicieuse.

Mais comment fonctionne ce prodige ? vous demandez-vous. Hé bien voici. Il faut d'abord savoir que la poule pond naturellement des oeufs qui coulent, mais laissés à eux-mêmes pendant un certain temps ces curieux objets se putréfient. Or, la putréfaction est d'abord une affaire de gaz dont sera à ce point gorgé l'oeuf le plus pourri qu'il ne pourra faire autrement que flotter. L'oeuf sain, lui, encore plein et de blanc et de jaune, est trop dense pour fréquenter la surface.

Ce soir-là, en brassant mes oeufs, j'ai eu une pensée toute spéciale pour Marie-Soleil. Dieu ait son âme.

D'un océan à l'autre

Ce Noël sera la premier Noël blanc à la grandeur du Canada depuis 1971. C'est ici que c'est écrit.

2008/12/21

Je parcourais, exalté, la rocaille, me répétant que chaque brindille ici s'appelait thym, origan, romarin, basilic, ciste, laurier, lavande, arbousier, câprier, lentisque, qu'elle possédait ses lettres de noblesse et qu'elle avait reçu sa charge privilégiée.
- Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques

2008/12/19

Comment je suis devenu la Gousse craintive

Je reçois des milliers de courriels qui me demandent d'où me vient ce nom de Gousse qui craint. Pour répondre à cette question, il me faut d'abord vous expliquer, fidèles lecteurs, comment il se fait que j'ai, dans les veines, un peu de sang rouge, c'est-à-dire du sang indien. Car je n'ai pas obtenu ce précieux sang du Nouveau Monde par la méthode habituelle. Normalement, il suffit de verser quelques gouttes de ce plasma dans l'œil en pleurs du bébé naissant et le tour est joué. C'est un jeu d'enfants comparativement à la circoncision, à un point tel que, bien souvent, ce n'est pas le docteur, mais les frères et sœurs du nouveau-né qui s'offrent généreusement, en se taillant eux-mêmes l'index au-dessus de la jeune pupille. Mon cas est différent. Sans en connaître les détails, il s'agirait d'une histoire de semences et d'ovaires qui commence au début du XXe siècle derrière la poudrière d'un poste de traite et qui se termine sous une tente, à la chasse à l'orignal en 1977. L'histoire ne dit pas si la chasse a été fructueuse cette année-là, mais on peut parier, en se basant sur les traditions du clan, que le cas échéant, mon totem eut été celui du puissant cervidé et non celui d'un bulbe blanc de peur.

Car il s'agit bien d'un totem. À l'adolescence, prêt à devenir un homme, je fus envoyé nu en forêt pendant une semaine, sans manger, comme le prescrit la tradition. Dès mes premiers pas sur le tapis de feuilles mortes, d'épines et de crottes de lièvre, je maudissais le ciel de n'être pas né en Papouasie, où les rites d'obtention de la virilité étaient bien plus en accord avec mes bas instincts que cette sordide escapade. Je n'avais pas fait dix pas dans les fardoches que j'étais déjà couvert de brûlantes éraflures.

Je garde un vague souvenir de cette mystique semaine. Je me souviens que deux corbeaux passaient souvent dans le ciel en croassant, volant toujours dans la même direction; le bruit des manducations du porc-épic qui, à la tombée du jour, faisait son souper d'un peuplier. Chaque soir il revenait à l'entaille de la veille, continuant sa longue et patiente ingestion de l'arbre. J'enviais le sort de ce rongeur qui, au fond, devait jouir comme un enfant devant une maison de pain d'épice.

Au bout d'une semaine, mes congénères du clan de l'Orignal au bras coupé ne s'inquiétèrent pas de mon non-retour. Il arrivait souvent, en effet, qu'il faille aller chercher le jeune initié agonisant de famine dans la forêt. Ils le faisaient chaque fois en chantant et le pas léger, comme s'ils allaient cueillir des champignons ou comme les Sept Nains rentrant de la mine. Mais leur chant s'arrêta lorsqu'ils me trouvèrent, trop stupéfaits de voir ma situation. J'étais en effet bien enfoui sous l'humus, littéralement enterré vivant, n'ayant que le derrière de la tête d'exposé aux intempéries. Ce sont les deux plumes, qui y étaient accrochées, qui signala ma présence. On déterra mon corps, nu et blanc, terriblement blanc et sans aucune souillure, tout à fait aseptisé. On eût dit un ange. Le shaman me demanda : Kitigan zibi anishihabed ? Ce à quoi je répondis oui. Puis il me demanda : Ajawajiwesi bitobi ? Il voulait savoir pourquoi je m'étais caché sous terre. Je lui répondis : J'avais froid, j'avais si froid, à cause de la peur. J'étais terrifié. Le shaman remarqua mon haleine. N'ayant pu supporter le jeûne, j'avais triché en croquant de l'ail des bois. Alors le shaman comprit que mon totem était une Gousse craintive. Et c'est là qu'il me sodomisa, pour éprouver ma virilité.

Non, c'est une blague, il ne m'a pas sodomisé. J'ai plutôt été banni du clan, pour n'avoir pas respecté le jeûne. Voilà. Vous savez tout, maintenant.

2008/12/18

Souvenir de Wildwood

Malgré tout ce que l'on raconte sur le réchauffement du monde, la mer, en 2003 à Wildwood, ne s'était toujours pas réchauffée. Nous trempions timidement l'orteil dans ces eaux glaciales où flottaient les méduses, seule source probable de brûlures. Au loin, deux dauphins passaient. Nous sommes restés sur le sable, à croquer des fromages et à réciter des vers, spectacle étrange pour la gente suintante et vulgaire de cet endroit. Parfois, une belle créature passait et nous suspendions nos mots à plus tard pour mieux accrocher nos regards à ces corps. C'était de beaux moments. Et nous rentions le soir au môtel, la peau brûlée par le soleil, car nous avions oublié ses ardeurs à trop nous méfier des jellyfish qui s'échouaient à nos pieds.

2008/12/15

Qui l'eût cru ?

Traiter quelqu'un de chien et lui lancer des chaussures sont deux gestes considérés comme des signes de mépris dans le monde arabe. (Radio-Canada.ca)

2008/12/12

Il fait si beau dans le métro

Il neige dans ce coin-ci du monde depuis toujours, ou presque. Disons prudemment qu'il neige ici depuis 6000 ans.  Je ne comprends pas qu'on s'en étonne encore. 

Le transport en commun n'est pas un système d'appoint, c'est l'automobile qui en est un. Ainsi, on peut aller où on veut, été comme hiver, sous les tempêtes et intempéries de toutes sortes autant que sous le ciel bleu, le soleil et les fleurs.  C'est-y pas beau, ça ? 

Quand on fait le contraire, quand on prend le bus seulement dans les cas extrêmes, ça donne ça: 
Pu capable ! Pu capable de lire les curés de l’écologie blâmer les gens qui osent prendre leurs autos en temps de tempête de neige. Quelqu’un me demande : Oui, mais pourquoi t’as pris ton auto, l’autobus, ça te tentait pas ?

C’est pas la solution-miracle, le bus et le métro, dans une tempête de neige.

Primo, quand il neige toute la nuit, c’est ce que je fais. J’annule des rendez-vous, je déplace des engagements, je m’arrange pour faire du bureau. Je prends le métro et je marche. Là-dessus, vous avez raison.

Deuzio, la neige a commencé à tomber en après-midi, et quand on parle de 20 centimètres, ça inclut toute la bordée. Il n’y avait pas, à 17h, en plein bordel, 20 centimètres. Il y avait (encore) une opération déneigement mal fignolée. Comme bien d’autres gens, je suis monté dans ma voiture en me disant que la chute de neige n’étant pas si importante, « ça l’allait ben aller », comme qu’on dit. Ce ne fut pas le cas.


2008/12/11

Mon petit nombril aujourd'hui. 

Un fort joli acteur s'est coupé la gorge devant son public après que son faux couteau ait été secrètement remplacé par un vrai (toute l'histoire ici).

2008/12/09

Un véritable conte de fée

Je crois rêver : 
Stéphane Dion et Mario Dumont qui démissionnent la même semaine.

2008/12/08

La cerise sur le sundae

J'ai des raisons de penser que je ne supporte plus les cerises même en confiture. 

Pourquoi je n'offirai L'Aveuglement à personne ce Noël

N'ayant rien lu d'aussi bon depuis des lustres, il va sans dire que L'aveuglement faisait partie des cadeaux que j'ai l'intention d'offrir cette année. Que voulez-vous, j'aime partager mon bonheur.

Hier, j'ai donc voulu acheter un exemplaire de ce délicieux ouvrage. Chez Raffin, j'ai trouvé une édition différente de la mienne, une édition post-film à l'effigie des acteurs qui ont incarné les personnages. Parce que vous savez ce que je pense de cette adaptation cinématographique, comprenez-vous que j'ai décidé de remettre le livre sur la tablette et traverser la rue jusqu'au Renaud-Bray ?  Mais là-bas aussi, il y avait cette fichue édition. 

J'aurais pu passer outre cette malheureusement association entre un roman magistral et un film pourri et offrir le livre malgré tout. Mais il y a pire. Bien pire. Le livre, figurez-vous, a changé de titre. La version française s'intitule désormais Blindness. Oui oui, vous avez bien lu : "La version française s'intitule désormais Blindness." En sous-titre, entre parenthèses, on spécifie qu'il s'agit de (L'Aveuglement). Oui, oui, en sous-titre (donc en plus petits caractères) et entre parenthèses. Le summum de l'indécence. J'ai remis le livre à sa place et suis sorti, indigné. 

Marcher dehors à -15C

Le froid a asthmatisé mon respire. Je prends du café pour me rétablir, moi qui avais fait voeu, jeudi, de ne plus en boire.