2005/10/31

Paysage du belvédère

Pb et moi, assis au bout du bar, à croquer des Skittles en buvant bière par-dessus bière. Dans notre champ de vision, les deux barmen s'activent pour servir les clients. Le premier est affublé d'une perruque de femme, l'autre est déguisée en séduisant cowboy au visage ensanglanté. En arrière-plan, à l'autre bout du bar, un réduit fait office de loge pour les artistes. Pb et moi, en croquant nos Skittles, avons tout le loisir d'y voir les travestis enfiler leurs plus beaux atours.

Des photos de mon passage à Ottawa peuvent être visionnées sur Flickr.

Le garçon qui mangeait des oiseaux

Nous savions peu de choses sur ce jeune homme. Il était assis devant nous, dans ce restaurant de la rue Elgin, sirotant son thé matinal pendant que nous prenions notre café. Nous attendions les déjeuners.

Ses lèvres paraissaient rugueuses, sèches. À droite, sur la lèvre d'en bas, un petit trou trahissait le passage d'un piercing. Il était joli, mais il ne s'intéressait qu'à lui-même. Il n'avait parlé que de sa personne jusqu'à présent: comment il occupait un poste puissant dans un hôpital, comment il contrôlait la morgue, comment ses études le propulseraient en haut de l'échelle sociale, comment il faisait plus d'argent que nécessaire, bla bla bla. Il nous avait aussi avoué qu'il aimait fumer des joints le matin en se levant, mais que son travail rendait cette activité difficile. En gros, résumait-il, sa vie alternait entre le travail et les bars. Et maintenant, il ne parlait plus.

Il ne s'intéressait pas à nous. Il nous fallait s'intéresser à lui, l'interroger. Il collectionnait les insectes. Comment faisait-il? Il les achetait parfois, il les capturait aussi lui-même. Il nous a expliqué comment il les tuait et les épinglait. Il n'épinglait que les plus beaux spécimens et gardait les autres ailleurs. "J'en ai capturé beaucoup, beaucoup", a-t-il ajouté avant de passer à sa collection de minéraux.

Je ne sais plus trop comment la discussion en est arrivé à la chasse, mais toujours est-il que cet homme chassait par choix. Moi, je chasse par perversion. Il s'est alors mis à parler de calibre. Il voulait savoir avec quoi je tirais. Je n'en savais rien, je m'en fichais tellement. Je m'intéressais surtout au gibier et à l'entendre, il avait tué un peu de tout. Même des oiseaux: "Je tue des oiseaux et je les mange", a-t-il dit avant de se demander, à voix haute, avec quel calibre il tuerait le prochain.

Partir sur un nowhere

"PB, on dirait que plus on avance, plus on s'approche de rien."
- Myriosis, sur la route

2005/10/26

2005/10/25

La reine Émilie

Parce qu'Émilie a enfin décidé d'alimenter son blogue.

2005/10/20

Ma photo qui fait fureur

VOIR publie une de mes photos pour la seconde fois. Voici l'original en guise de preuve:
pantheres roses

Et je vous invite à regarder mes autres oeuvres, par le fait même, sur le site de Flickr.

2005/10/13

Des nouvelles d'Anne-Marie

"Pour le moment je subviens à mes modestes besoins grâce à un petit commerce de cartouches de cigarettes trouvées dans un sac abandonné à l’auberge de jeunesse, et contenant essentiellement des fruits pourris, des chandelles parfumées et d’innombrables bouteilles de médicaments avec étiquettes en russe – j’ai également songé à assurer le trafic de ces derniers, mais ne me suis pas sentie les ambitions criminelles nécessaires. De toute façon je suis dans une phase de paresse et d’inertie, et j’apprécie les plaisirs simples de l’aménagement intérieur. Faire le ménage, assembler mon lit en pièces détachées, le changer de place et remplir ma chambre d’objets trouvés dans le jardin occupe la majeure partie de mon temps."
- Anne-Marie, depuis sa commune de Londres

2005/10/12

Coup d'oeil sur mon travail avec le Classificateur

On me demande de choisir parmi les items suivants:

  • catgut

  • human hair

  • silk-worm gut

  • textile material


  • Si je choisis les vicères de chat, je devrai spécifier si elles serviront dans un contexte chirurgical ou si j'en ferai une corde pour un instrument de musique. Si je choisis la corde, je tombe dans une boucle infinie. C'est le noeud coulissant de ma pendaison. Si je choisis la chirurgie, ce sera encore une fois une boucle infinie, la boucle de mon point de suture.

    Si je choisis les cheveux humains, je devrai avouer qu'ils sont raidis, réduis, ou bleachés. Dans un cas comme dans l'autre, le CLASSIFICATEUR me dira: 670300

    Si je prends les tripes de ver à soie, je devrai dire si elles serviront pour une chirurgie, comme fil à pêche ou pour autre chose. J'éviterai la boucle infinie si je choisis: "autre chose". Le fil à pêche, c'est celui avec lequel je m'ouvre les poignets. Quand je choisis "autre chose", le CLASSIFICATEUR me crache: 500600

    2005/10/05

    Guy dit:

    Que fait cette pilule? Elle te rend joyeux? Je veux la pilule du bonheur. Certains croient que la pilule du viagra est la pilule du bonheur. Voilà pourquoi la compagnie Pfizer fait tant de profits.

    Et les gens fourrent, des heures durant. Ils fourrent les cons, les anus, ils s'en fouttent. Ils n'ont même plus à être excités par ce qu'ils fourrent. Ils n'ont, au fond, qu'à fourrer jusqu'à l'épuisement. Les composés chimiques s'occupent du reste.